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Repasser sur ses traces ou en refaire des nouvelles?

Elle est à nos portes, la saison 2018 de course en sentier, et je n’ai aucune idée sur quels sentiers mes pieds vont gambader. À vrai dire, j’ai passé une bonne partie de l’hiver blessée. Un coup de barre dans le dos, quasi inexplicable, qui en début d’année m’empêche de courir pendant presque huit semaines. Maintenant rétablie,  j’épluche le calendrier des possibilités s’offrant à moi et j’atterrie sur les dates du prochain Ultra Trail Harricana du Canada. Flashback en 2015, je me lançais dans le monde de l’Ultra en affrontant le parcours du 65km. En souvenir ce texte, qui ne décrit pas tant le parcours mais qui vous offre une petite fenêtre sur cet Ultra qui restera à jamais comme le premier.

« Depuis quelques minutes je ris et je chante, seule, en gravissant une côte dont je ne vois pas le bout. En fait, je crois sourire et je tente tant bien que mal de fredonner l’air de « Mon beau sapin » parce que c’est simple, ça rime un peu, et ça me diverti! Je me trouve bien drôle de choisir une chanson d’arbre en pleine forêt… Après huit heures de course dont les deux dernières à courir seule, je suis devenue mon meilleur public! J’arrive au 53e kilomètre de mon premier ultra, le 65 kilomètres de l’UTHC en septembre 2015.

Je commence à avoir des douleurs un peu partout mais je suis complètement fascinée de voir que mes jambes acceptent encore d’avancer. C’est loin d’être une surprise, pas besoin d’avoir déjà fait un ultra pour prédire l’apparition d’un certain inconfort! Par contre, je ne sais pas si c’est en raison de la solitude ou de la fatigue, mais mon esprit vole dans tous les sens. Je me rappelle le départ. J’ai dormi dans l’auto. De toute façon, en mettant le réveil à 4h du matin, ça fait cher de l’heure dans une auberge! Un bon bagel froid, le beurre d’arachide qui colle au palais et hop dans l’autobus qui nous mène à la ligne de départ. Un matin frais, de la brume à la cime des montagnes et les coureurs énervés comme des gamins. Une course c’est si simple sur papier; parcourir le plus vite possible une distance donnée sans dévier du parcours. 18 kilomètres plus tard me voilà en train de zigzaguer entre les arbres pour me sauver d’un nid de guêpes juste après avoir été engloutie jusqu’à la hanche par une flaque de boue! Je crois que c’est là que j’ai commencé à rire toute seule.

60e kilomètre, je reprends le contrôle un moment sur mon esprit pour enfin penser à la ligne d’arrivée. Je ne suis plus qu’à cinq kilomètres et je réalise que je vais vraiment réussir à terminer mon premier ultra. Ça me fait reculer de quelques semaines. Je suis en Gaspésie, dans les montagnes de la Baie des Chaleurs où je me suis exilée afin de me préparer. Après un entraînement, je me glisse dans un cours d’eau au pied du mont St-Joseph pour me rafraîchir. Inscrite depuis janvier, j’avais eu huit mois pour m’entraîner, faire des tests de nourriture et m’imaginer parcourir les 65 kilomètres du départ jusqu’à l’arrivée. Et là, trois semaines avant la course, heureuse, les pieds dans l’eau, je n’avais encore aucune idée qu’une chanson du temps des Fêtes allait m’accompagner dans les derniers kilomètres. 64e kilomètre, je marche dans la dernière montée et je recommence à courir, j’entends les gens en bas et de la musique! Plus besoin de chanter! Après presque onze heures à gambader, je passe sous l’arche avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles, l’esprit libre et le cœur pas mal rempli de fierté. »

En lisant tout ça, l’idée d’y retourner me fait sourire. Je l’ajoute à la liste des possibilités. À suivre…

Durée Distance Dénivelé
km m
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