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Quel type de coureurs de trail êtes-vous?

La course de trail, c’est surtout une communauté de coureurs hétéroclites. Ils sont un peu tout croches, un peu bizarres et ils se réunissent pour faire en groupe quelque chose de très solitaire, soit se promener dans le bois.  Je côtoie cette faune bigarrée depuis quelque temps et c’est sans aucune prétention scientifique et juste pour s’amuser que je vous suggère un petit portrait-type des coureurs. Comme il y a de plus en plus de filles en trail, j’alterne entre le féminin et le masculin, histoire de bien refléter cette réalité.

Petite typologie du coureur de trail

Membre de l’espèce principale : type 1 : la résistante

Cette coureuse a généralement eu une relation compliquée avec le sport dans le passé. Après une longue période d’inactivité, où elle haïssait l’activité physique, un jour, va savoir pourquoi, elle a décidé de changer. À ce moment,  elle a commencé à marcher, et à marcher plus vite, et à courir et elle court toujours. Ce n’est habituellement pas la plus vite, mais assurément la plus déterminée. C’est la coureuse que nous croisons en trail en nous disant : elle est complètement vidée, elle va abandonner bientôt et elle n’abandonne pas, elle s’accroche.

Sa grande force : son courage et persévérance, naturellement.

À travailler : apprendre à se relever après un échec, abandonner est parfois une option possible et réaliste.

Type : 2 : le planificateur

Ce type de coureur provient habituellement d’un autre sport, souvent de la course sur route ou du triathlon. C’est le coureur qui calcule tout : calories, vitamines, temps de récupération, dénivellation, altitude, sodium, glucides, sommeil, matériel, etc., etc., etc. Naturellement, le plan d’entraînement est prévu au quart de tour et les objectifs sont fixés avec réalisme, et ils sont atteints. C’est le coureur que tout le monde recherche quelques minutes avant une course, car c’est une banque d’information inépuisable qui nous permet de rattraper un peu notre préparation bâclée.

Force : assurance et certitude

Défi à travailler : apprendre à relaxer un peu, parfois à dévier du plan établi, c’est juste le fun.

Type : 3 : la sociale

C’est la coureuse qui fait du trail, mais qui pourrait aussi bien faire du bowling ou de la danse à claquette. Sa motivation première c’est le groupe; l’activité est un peu secondaire. C’est généralement la coureuse dont le son de la voix sert de repère à tout le groupe afin de se situer. Tant que nous pouvons l’entendre, nous ne sommes pas perdus. Courir un ultra avec une coureuse de ce type, c’est avoir la certitude que la course va passer en un clin d’œil. Généralement, au bout de quelques dizaines de kilomètres, nous avons été captivés par la conversation, et nous connaissons les résultats de tous ses enfants à leur dernier examen de géométrie, ainsi que le nom du nouveau médicament que prend son grand-père. Parfois, nous avons un peu accès à ses craintes et ses espoirs, mais pas souvent.

Sa grande force : c’est la colle qui unit et qui cimente le groupe de trail.

À travailler : disons qu’au niveau de la capacité de contemplation de la nature en silence, il y a un petit peu de travail à faire de ce côté.

Type : 4 : l’éparpillé

L’éparpillé est parfois là, parfois pas là, c’est le coureur de fin de semaine qui fait un peu de trail, entre les devoirs des enfants, les pratiques de soccer, les vacances familiales, le groupe de poker et les milles projets. La course de trail lui permet d’évacuer un peu de stress, bien qu’il doive partir un peu avant la fin de l’entraînement, car il a trop de choses à faire.

Force : expert du multitâche

Défi à travailler : apprendre à décrocher un peu

Espèce rare : type 5 : La naturelle.

Pour ce type de traileuse,  la course, c’est facile. Peu importe les conditions, quand elle se met à courir, elle va naturellement à  l’avant et il est difficile de l’arrêter. C’est la fille qui peut courir un marathon les doigts dans le nez sans avoir dormi de la nuit, elle a trop fêté, cela ne pose pas de problème. C’est aussi la coureuse pour qui la question principale qui se pose en début de saison, c’est : quelle course j’aimerais gagner cette année ?

Force : la course

À travailler : un peu de discipline parfois, mais est-ce vraiment nécessaire pour elle ?

Espèce en voie de disparition : type 6 : l e coureur des bois.

J’ai l’impression qu’on en voit de moins en moins de coureurs de ce type. Il a abouti à la course en trail, mais c’est par la nature et la forêt qu’il y est arrivé. Il a toujours marché dans les bois et un moment donné, il s’est mis à courir entre les arbres, un peu, pas trop vite, mais longtemps. Adepte du camping, il arrive avec son sac à dos et pour lui cela n’est qu’une autre occasion d’être dans le bois. Comme plusieurs courses deviennent de plus en plus sérieuses avec leur recherche effrénée  de points UTMB et le développement de bidules d’équipement spécialisés, il retourne de plus en plus à la marche dans le bois, seul et tranquille.

Force : sa capacité de nous remettre en question quand l’on se met à tout prendre au sérieux.

À travailler : lâche pas si facilement, le trail a encore besoin toi.

En conclusion

Ce petit portait de cette faune bigarrée est loin d’être complet. Il n’y a pas de bon type ou de mauvais type de coureurs et nous sommes souvent un mélange de plusieurs de ces types. C’est bien ainsi, car c’est dans le mélange et la diversité que s’enracine le plaisir; et du plaisir, il n’y en a jamais assez.

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