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Le Bad Beaver Ultra : trois jours de compétition en vue du Tor des Géants

Ça fait presque un mois que le Bad Beaver Ultra est terminé. J’y pense encore régulièrement tellement ce fut une belle expérience. Une course par étapes où tout le monde retrouve au camp de base après chaque course est très différente d’une course normale ou tout le monde retourne à l’hôtel après. Ça crée une atmosphère de partage et ça devient une expérience humaine autant que sportive. Ça laisse des traces émotionnelles.

Bad Beaver Ultra est une course qui se passe sur trois jours. Ils nous prennent en charge la veille de la première étape. Ils nous amènent au camp de base et tous les compétiteurs y dorment. Nous y dormons après chaque étape. Le fait de se retrouver ensemble après avoir couru un parti de la journée, crée des liens et des amitiés que l’on ne retrouve pas lors d’épreuve « normale ».

L’épreuve consistait à courir 51 km la première journée, 70 km la deuxième pour ensuite finir avec une « petite » étape de 26 km la troisième journée.

La course peut accueillir 50 coureurs, mais nous étions seulement 19… En écrivant ces lignes, j’espère piquer votre curiosité et vous convaincre de vous y inscrire l’an prochain. Même avec 19 coureurs, l’expérience a été mémorable. J’ose croire qu’avec 50 coureurs ce doit être encore plus le fun.

Toute une expérience…

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On s’inscrit à cette compétition pour plusieurs raisons. En soi, c’est une aventure, le fait de coucher dehors, être responsable de sa nourriture, gérer un sac plus lourd qu’a l’habitude, etc. Ça va au-delà de la course à pied. Pour ma part, je participais à cette course dans le but de me préparer au Tor des Géants. Je me suis dit que 150 km en trois jours serait un excellent entraînement pour cette épreuve. En plus de la distance, un élément de compétition ajouterait un peu d’intensité à tout ça.   Je n’ai pas été déçu. Je ne savais pas à quoi m’attendre… Qui serait rapide, qui serait ma compétition. Je savais que Guy Doiron serait rapide, mais je ne savais pas pour les autres.

Première journée

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Comme de fait, une fois le départ lancé, je me suis retrouvé à courir devant avec Guy. Nous avons échangé quelques mots durant les premiers 17 km. Ensuite, à ma surprise, j’ai commencé à m’échapper. Je me suis retrouvé seul en avant sans savoir le temps qui nous séparait. Le parcours était relativement roulant à l’exception de la 54 (Lusk Trail) qui était très rocailleuse et technique. J’ai couru cette étape de 51 km en 4 h 43. Guy est arrivé 23 minutes plus tard. Nous avons relaxé le restant de la journée tentant de récupérer le mieux possible.

L’atmosphère était à camaraderie et nous avons encouragé chaque participant au fur et à mesure qu’ils arrivaient.

Tous sans exception avaient l’air heureux et fiers de terminer cette première étape!

Deuxième journée

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La deuxième étape était beaucoup plus longue… 70km.   Le départ s’est donné à 5h30 du matin.  Nous étions tous un peu amochés de la veille.   Mary Thompson, Guy et moi nous sommes retrouvés en tête.  Nous avons couru relativement lentement le premier 10km.   Ensuite le « pace » s’est accéléré graduellement.   Guy a dû arrêter au refuge Herridge pour une pause toilette.   J’ai continué au même rythme en disant qu’il viendrait me rejoindre.  Après un moment, j’ai commencé à accélérer et la course a repris de plus belle.  J’ai couru seul en avant pour environ 40 km.   Je ne savais pas combien d’avance j’avais, mais j’essayais de garder un bon rythme.   Guy est venu me rejoindre au kilomètre 56 environ.  Nous avons couru ensemble quelques kilomètres, mais Guy était plus fort, il a commencé à me distancer rapidement.   Je l’ai vu disparaitre au loin. J’ai pensé qu’il allait reprendre les 23 minutes d’avance prises la veille.  Il a fallu que je travaille très fort pour ne pas me mettre à marcher.  Je me disais « Cours! Tu n’as pas besoin de courir vite, mais cours! »  Je fus très soulagé d’apprendre qu’il m’avait pris seulement 3 minutes entre le moment où il m’a distancé et l’arrivée… Ouf, comme on dit, j’ai sauvé les meubles.  Nos temps respectifs étaient 7h54 et 7h57.   La compétition s’annonçait solide pour le lendemain.

Le restant de la journée a été tranquille, nous avons accueilli les autres concurrents qui sont arrivés durant le reste de l’après-midi.

Après deux nuits passées au camp, un esprit de camaraderie s’est installé.  Nous bavardons de tout et de rien… Nous « stratégisons » sur la dernière étape à venir, échangeons sur ce qui s’est passé dans nos courses respectives, etc.  Une belle atmosphère règne au camp et nous sommes tous heureux que cette deuxième journée soit terminée.

Troisième journée

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La troisième étape… Je suis un peu amoché des 121 km faits jusqu’à maintenant.   J’anticipe un départ rapide, car Guy a l’air décidé à reprendre le temps qui nous sépare.  Comme de fait, Guy part comme une balle.  Il court vite, il me distance un peu.  Je crois que sa stratégie était de me distancer en espérant que je ne sois pas en mesure de le suivre et que je me décourage.   Je suis donc lancé à sa poursuite en me disant que le plus longtemps je le gardais dans ma mire, plus je diminuais la possibilité de me faire prendre le 20 minutes.  Chaque kilomètre couru avec lui était des kilomètres de moins pour qu’il puisse me prendre du temps.  C’est donc le couteau entre les dents que je parvins à rester avec lui.   Nous avons couru 13km à un rythme infernal pour finalement réaliser que l’écart était pour rester.  Nous avons donc décidé de terminer les 13km suivants ensemble et apprécier le paysage magnifique du Parc.   Ce fut une belle fin de course!

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Conclusion

Trois jours de course, c’est dur!  Le fait de camper rend la récupération plus difficile, et comme ce sont trois courses en une, on a tendance à aller plus vite que si on faisait la même distance tout d’une traite.   Cependant, le temps partagé avec les gens au camp de base rend l’expérience très humaine et de nouvelles amitiés sont ainsi créées.   L’expérience dépasse le simple fait de courir.

J’ai participé à beaucoup de course dans ma vie et plusieurs ont été oubliés, mais quelques-unes se sont taillé une place spéciale dans ma mémoire.   La Bad Beaver Ultra est une de celles-ci.   C’est un événement dont je vais me souvenir très longtemps.   Mon souhait est que lors de la prochaine édition, il y est plus de coureurs…   C’est vraiment un événement à faire et à refaire.    Je termine en disant… Au plaisir de vous y voir l’an prochain.

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