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Un premier Ultra Trail G50!

Ultra Trail Gaspesia 100 2019.

Pour me présenter un peu, originaire de la Baie des Chaleurs, j’ai pendant des années couru en Cross country durant mes études secondaires… Mais par la suite j’ai laissé tomber la course pour bien d’autres activités.

Il y a environ 3 ans de çà, en 2016, j’ai recommencé à courir un peu, pour le plaisir de rester en forme, pour finalement redécouvrir le plaisir d’être en forme, plus énergique et avec moins de raideur musculaire. Tout çà m’a apporté à faire mon premier demi-marathon à Carleton sur mer en Gaspésie. Un 2 h 05 bien simple avec un mal de jambe pendant 2 jours! Suivi d’un deuxième demi-marathon, au même endroit en 1 h 55, et un autre à Gaspé en 1 h 58 et un dernier encore cette année à Carleton en 1 h 50.

Bon,c’est bien amusant les demi-marathons mais on n’est loin du cross country. Donc par le fait que ma blonde avait commencé à faire des ultra trails, j’ai décidé de faire de même, en ayant la bonne idée de faire un G50 ok…. 54 km de trail pour un gars qui s’est entrainé trois mois avant la course en courant quelques cinq km, douze km, un demi-marathon, un 22 km et un 18 km. C’est pas très vendeur comme entraînement pour un Ultra-trail de 54 km.

Bon, alors me voilà. Samedi matin, le 15 juin 2019, au Quai de Percé en Gaspésie. Il fait environ 12 degrés, c’est humide, on embarque dans l’autobus qui nous amène à la plage des pêcheurs, quelques kilomètres au nord de Percé. Nous sommes environ 82 coureurs aà prendre le départ à 7 h 10, aucun vent, la brume et les grosses vagues nous apportent dans une dimension magique. C’est parti! Les premiers kilomètres sur la plage sont comme le début d’un film, elle devient un terrain de jeu ou l’on voudrait y courir pendant des heures!

Ensuite, on quitte la plage pour une petite portion de voie ferrée, pour se rendre le long de la rivière aux émeraudes. Un magnifique sentier, à travers une foret de cèdres dont certains sont assez impressionnants, pour y atteindre le premier ravitaillement à 8 km.C’est très humide comme sentier, la neige vient à peine de finir de fondre… On remonte la forêt vers Val-d’Espoir, petit village tranquille pour le prochain ravitaillement à 18 km, où j’ai hâte d’arriver car le soleil est de la partie et j’ai hâte d’enlever un gilet et manger un peu.

C’est reparti, direction L’anse à Beaufils, pour atteindre mon plus gros arrêt de la journée à 30 km. Les trails sont très humides toujours et encore, on oublie les pieds au sec, on traverse de petits ruisseaux et même la rivière aux émeraudes à deux reprises avec de l’eau jusqu’au genoux. J’ai un petit mal sur le coté du genou droit qui commence à apparaitre, mais je pense que ça pourrait disparaitre avec mon arrêt à l’Anse à Beaufils.

Me voilà enfin à l’Anse à Beaufils! Je vois les amies et membres de la famille,  ma blonde, Catherine Bujold, qui elle fait le G100, tous m’encouragent. Ils sont un peu surpris de me voir déjà arriver. Je me change de bas, souliers et chandail, mange mon dîner dans des couvertes, bien au chaud, on a une super équipe technique!

Ok, maintenant le plus difficile est à venir : 25 km de montagnes avec un léger mal de genoux…. bien sûr j’avais prévu le coup; j’ai des bâtons pour faire cette section. J’ai 5 h pour ne pas dépasser le cutt off de 10 h. Je ne suis même pas rendu au premier ravitaillement, que je dois marcher à plusieurs reprises : mon coté de genou fait mal sur le planche et en descendant. Donc en alternance, je marche , je cours, ça devient de plus en plus difficile, j’essaie de gérer le mal sans abuser pour ne pas me blesser d’avantage.

Enfin après deux montagnes, j’arrive au ravitaillement Gargantua. Je fast un arrêt de 10 min pour manger et reposer mon genou. Il me reste environ 11 km avant la fin et 2 h 30 devant moi. Même si je marche tout le long, je crois pouvoir entrer dans le temps. À un certain moment, je réalise que si je tourne ma jambe droite vers l’extérieur en courant, le mal disparaît, alors voilà, j’ai trouvé le remède sauf que j’ai l’air de courir comme un bonhomme de bloc lego, comme une amie disait.  L’autre bonne nouvelle est que quand je monte le mal aussi disparaît. Donc je pousse la machine avec mes bâtons et je dépasse même certains coureurs du G25 en montant le mont St-Anne.

Dernier ravitaillement au sommet du mont St-Anne, petite pose de 5 min, il me reste 1 h pour 4k m. Je suis capable d’y arriver. Ça descend tout le long! oui, oui, imaginez, ça descend tout le long avec mon mal de genou qui apparaît alternativement parce que c’est une trail imparfaite. Je cours tout croche en citant quelques morceaux de vaisselle d’église ou même le nom d’un des commanditaires, BAR NAAK….. Jusqu’à ce que le village apparaisse, que je traverse quand même vite jusqu’à la plage, j’arrive tout près du Rocher, ça s’en vient!! Quand tout à coup, je réalise, sans aucune raison du monde, que mon genou ne fait plus mal! Il reste environ 500 mètres, j’ouvre la machine et pousse jusqu’à l’arche de l’arrivée!

Finalement, j’ai réussi à finir le parcours du G50 en 9 h 35min, Certaines personnes me disaient que leur montre indique 56 km au total, avec un entraînement quand même minimum… que je déconseille d’ailleurs : faut être bien entrainé pour éviter les blessures. Par dessus tout, je n’ai jamais eu mal au genou par après!

En résumé, un gros bravo à Jean Francois Tapp pour ce super événement : des trails vraiment le fun et beaucoup de dénivelé, super paysages, je serai de la partie encore l’an prochain!

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