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Le jour où je me suis trouvée une force inconnue

Lorsque j’ai pris le départ du Gaspésia100, sur la distance de 54 km, j’étais loin de me douter de ce dans quoi je m’embarquais. J’espérais participer aux 13 km du lendemain, sans en être persuadée.

Départ

Le départ à été donné à 7 h 10 sur le bord d’une plage par le directeur de course, Jean-François Tapp, portant fièrement sa salopette de pêcheur. Quelques dizaines de coureurs, ce qui fait un grand changement par rapport aux autres événements auxquels j’ai participé. Jamais, je n’avais couru sur une plage, dû composer avec des algues glissantes, encombrantes, et éviter des vagues.

N’étant pas la plus rapide, je me place au centre du peloton sachant très bien que j’allais me faire dépasser, mais je vivais très bien avec cette situation. C’est MA première course de l’année, et MA première course en Gaspésie. La section plage passe bien, je me surprends à être à l’aise avec les roches (pour moi, ça équivaut à de l’escalade) et direction rails de chemin de fer. Encore une première, mais je trouve cela très amusant, malgré que les rails semblent abandonnés et sont abimés. Dès la sortie des rails, une montée abrupte, glissante, boueuse, en dehors de ma zone de confort. Je serai dans cette zone à plusieurs reprises…

Section des rivières

Sur papier, la première section de course semble roulante. Peu de dénivelé. Mais les sentiers sont tellement boueux, qu’il est souvent nécessaire de s’arrêter pour la boue, un arbre, une montée qui nécessite les mains (pour moi en tout cas). Dans cette section qui nous mènera à l’Anse à Beaufils, je me surprends à traverser un pont (avec hésitations, craintes, les jambes molles sous les encouragements des coureurs qui arrivent après moi), à rapidement accrocher une corde pour monter ou descendre (je me laisserais même glisser dans la boue pour une des pentes), à anticiper avec horreur la plate-forme pour traverser une rivière (qui sera hors d’usage et où je passerais directement dans la rivière qui a un bon courant).

Arrivée à l’Anse à Beaufils, mon conjoint attend pour me saluer. Il me trouve « fraîche comme une rose » malgré que la moitié du parcours est derrière moi. J’en profite pour un arrêt plus long, des toilettes avec du papier, placer une bande kinésio adhésive sur la cuisse pour éviter le frottement dû à une couture des pantalons. et saluer mon conjoint. Je ne suis pas très sociable, totalement dans ma tête, à anticiper la suite, à être fière des défis déjà surmontés.

Section des montagnes

Peu de temps après le retour sur les sentiers, je me retrouve avec Caroline Gagné que je ne quitterais pas du reste du parcours. Sylvain Lacasse nous rejoindra peu de temps après. Nous avançons tous au même rythme; je n’irais pas plus ou moins vite sans eux. Alors, pourquoi pas en profiter pour discuter, rire, s’amuser?

D’autres défis se pointeront pour moi. Les montées vont bien (je suis préparée et elles passent bien). Quand il est possible de la voir, la vue est époustouflante! Une descente me fait peur et elle arrivera. Bien boueuse, avec une belle pente, et une corde. Lentement, en utilisant des mots colorés(!), elle sera derrière moi. Peu de temps après, un pont formé de troncs d’arbres coupés: l’option de passer dans le ravin sera la mienne. Je ne vais pas mettre de temps; j’arrive pratiquement en même temps que mes nouveaux comparses.

Au ravitaillement du Gargantua, mon conjoint est là. Il m’offre une galette. Je vais prendre une bouchée, lui redonner, remplir mes gourdes, et croquer dans sa main une autre bouchée de galette. Il n’aura pas le droit à plus d’attention; je suis dans mon monde.

Il faut poursuivre vers le mont Ste-Anne. La longue montée en zigzags sera ardue, mais la vue sur le Rocher Percé en vaut la peine. Dans la descente qui suivra, notre joyeux trios aura encore bien du plaisir. Les jambes sont de plus en plus raides, mais vaut mieux en rire.

L’arrivée

En sortant du mont Ste-Anne, nous aurons une section de route et une montée vers La Croix. Je sens que mes énergies diminuent, mais j’arrive à suivre et la perspective de l’arrivée fait en sorte que je pousse plus.

Même à la fin, après un court moment avec nos proches, nous continuons de faire connaissance. Je ne sais pas si sans eux je serais arrivée à la fin avec autant de plaisir. Une chose est sûre : ils ont fait partie de ma vie et m’ont vue surmonter des défis qui, pour moi, étaient de taille.

Dimanche

Suite à ce 56 km, avec un mal à un genou, j’ai pris le départ du 13 km. Je suis allée chercher dans mon mental. J’avais pas tellement envie de repartir, mais le goût de retourner dans la montagne était trop fort. J’ai évalué que j’hypothéquerais peut-être ma saison, mais j’ai aussi évalué que je pouvais arrêter. Après les premiers kilomètres, il n’était plus question d’abandon. J’y suis arrivée, mais cela a été long… plus long que ce à quoi j’espérais… mais: IL EST FAIT!!!!

Pendant ce 13 km, j’ai rencontré Xavier Huitorel dans les tous débuts. Ayant déjà couru avec lui en entraînement, nous avons fait quelques kilomètres avant de prendre chacun notre vitesse. J’étais très contente de le revoir à l’arrivée, lui qui participait au TransPercé50.

L’an prochain

Pendant un temps, je n’aurais pas cru dire ça… mais dès le lundi, les envies sont revenues. J’envisage cet événement l’an prochain. Pas plus long en un coup. Mais de faire encore une fois deux événements est dans mes plans. Je vise…. 56 km le samedi, et si le 35 a lieu le dimanche…. pourquoi pas!!!

Je pense que d’aller loin dans mes capacités m’a fait grandir et vouloir encore plus.

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