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Parfois, il ne faut que 4 petits mots

« Tu peux le faire »

« Tu peux le faire ». Voici ce que mon fils aîné m’a écrit dans une carte rouge que toute ma famille a faite avant mon départ pour le Harricana 42 km. Je dois le dire, je suis ému. Ça fait deux ans que je cours, trois/quatre fois par semaine, me levant souvent avant le lever du soleil. Depuis ce temps, je lis des textes, je regarde des vidéos, je fais du vélo en cross-traîning, du renforcement musculaire, bref je me prépare du mieux que je peux pour cette course. Puis, finalement le jour arrive, un beau samedi comme on les aime, 9 h 00, on y va!

Photo : courtoisie

Vous dire que la course a été facile serait mentir. Je n’avais jamais dépassé 21 km en entraînement ou dans d’autres courses. Je n’avais non plus jamais fait plus de trois heures d’entraînement consécutifs, alors que je prévoyais six heures pour compléter ce parcours… Un méchant gros défi. De plus, une douleur au pied me titillait. J’hésitais à y aller ou pas, pour ne pas empirer le tout. Finalement, je me lance, le bus nous a laissés mon frère et moi au départ, pas de retour en arrière, c’est le go!

Le parcours est beau, parfois roulant, parfois plus technique (roches, racines, boue, montées, descentes, etc…). Je pense à la carte dans mon sac, allez, « tu peux le faire! ». Puis je continue, en regardant les km qui défilent.

Moi qui suis un coureur de milieu de peloton, je vous vois me dépasser et plutôt que d’être frustré, je suis fier de vous. Je me dis que vous avez bien fait vos devoirs : sorties longues, intervalles, répétitions en côte, etc. Pas de doute, la course nous montre toujours sous notre vrai jour. Si on a triché à l’entraînement, ça paraîtra nécessairement.

Au 37e km, après cinq heures d’effort, mes jambes cassent. Elles me disent « non, mon gars, on a fini pour aujourd’hui ». Mon moral, lui pourtant très bon, entame une négociation serrée avec ces jambes. Un consensus est pris: ok, on finit tout ça en alternant course et marche rapide. Ce n’est pas la fin que je souhaitais, bien que rendu là je sais que je me rendrai jusqu’au bout.

Puis, enfin je vois la dernière courbe, je me retiens pour ne pas pleurer, je vois mon frère qui a fini juste là, à attendre, petite tape de mains, je tourne, je vole, j’atterris, c’est fini, j’ai réussi… Je pense aux miens, à tout ce que j’ai fait pour y arriver, je n’en reviens pas.

Petit bonus à la fin : une douche chaude qui nous attend dehors, un repas chaud, la bière de la victoire, mon frère sur le podium (3e), wow, quelle course! Je suis euphorique…

De retour à la maison, un lit chaud, des enfants endormis, une femme souriante, est-ce que ça peut être que ça le bonheur d’après vous?

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