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La pause
 (ou la petite chronique du doute)

Ca vous est déjà arrivé à vous ? Faire une pause. Pas celle du temps des fêtes non, ou du petit break d’hiver. Non, une vraie pause. Celle qui est tellement longue qu’elle vous fait douter. De vous. De vos envies. Et surtout de vos capacités.

Il y a bien longtemps que j’ai arrêté de courir. Cela peut paraître drôle de lire ça de ma part, quand on sait que j’ai fait, l’an passé, une bonne partie du Tor des Géants avant que l’horloge ne me rattrape par surprise ou que j’ai réussi à boucler dans les temps l’Ultra Run Rajasthan il y a deux mois à peine. Oui d’accord, mais tout cela c’était surtout en marchant ! Plus c’est long, plus c’est pentu, plus l’on marche en ultra trail. Et cela je l’ai vite compris. Ce qui fait que j’ai surtout énormément marché depuis une dizaine de mois. Et qu’entre deux ultras et deux treks de montagne, je n’ai pas fait grand chose en course à pied. Même rien fait du tout à vrai dire. Tant et si bien que j’ai fini par croire que je suis devenue une sorte d’imposture sur les courses.

La vie a passé en 2019. Avec ses douleurs. Les vraies. Pas les petites courbatures des ultras. J’ai perdu le fil parfois. L’envie aussi. Et j’ai bien cru ne jamais retrouver l’étincelle. Mais voilà, on ne change pas qui l’on est. Je reste Mimi, la fille qui marche, la fille qui court. Et ce goût de l’effort et du dehors, je l’aurais toujours en moi. 

Alors un beau jour, sans prévenir, ça revient. Comme une chronique sur Ravito… Des signes, des hasards et tout à coup tout s’éclaircit. Et me voilà de retour avec des projets de dossards. Peu. Mais intenses. Costauds. Difficiles. Toujours un peu ultra mais pas trop. Des 100 km, pas des 300. Où il faut courir. Faire la course. Ne pas trop gérer la montre. Y aller quoi ! 

Car il y a quelque chose que je n’ai pas perdu. C’est l’audace. Le culot. La découverte de nouvelles montagnes a suffi à me convaincre. Les yeux qui pétillent. L’imagination. Et cette envie féroce de casser la baraque ! Juste pour voir.

Mais la pause, c’est aussi perdre ses repères. Et douter. Réellement douter. Dans mes pensées, c’est comme si je n’avais jamais rien réussi. Comme si tout cela avait été un enchainement d’accidents. Ce MIUT, cette Diagonale des fous, cet Harricana… Etait-ce vraiment moi ? Ces podiums sur mes premiers 50 ou 100 km ? Moi vraiment ?  Alors je les observe ces médailles. A croire que ces objets sont utiles finalement. Que cela rend réelles ces courses du passé. Comment tout cela pourrait être un accident ? Regarde les, regarde les bien Mimi ! Souviens toi. Et relève toi !

Oui j’ai envie de ces défis 2020 que j’ai dénichés. Oui je vais retourner sur les sentiers. Courir. Courir. Encore courir. Je suis curieuse d’une chose à présent : voir ce que j’ai dans le ventre en m’entrainant un peu ! Je vais travailler dur. Pour voir de quoi je suis encore capable. Et même plus encore. Je vais me prouver que tout cela n’était pas une chance, un hasard, mais bel et bien… un Destin. Celui des chemins ! 

La pause a assez duré. 

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