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Cappadocia Ultra-Trail, les vertiges d'Anatolie

Le Salomon Cappadocia Ultra-Trail est une course de longue distance – 110km avec 3240m de dénivelé positif – que j’ai eu la chance de vivre en 2016.  Un « baptême du feu » en matière d’ultra-endurance, à peine un an après un premier trail de 30km dans les Vosges françaises. La course se déroule en Anatolie centrale, en Turquie ; la Cappadoce étant inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce fut donc l’occasion d’explorer des terres imprégnées d’histoire, où se côtoient cheminées de fées et hauts plateaux, et de m’exercer sur différents terrains, des vallées tentaculaires jusqu’aux montagnes de sable.

Cappadocia Ultra-Trail - Vos de montgolfières

Une course épique aux mille et une couleurs

Dès l’aube, les coureurs de la longue distance s’élancent avec les premières lueurs du jour. Le spectacle est enchanteur, avec des centaines de montgolfières prenant leur envol et des chevaux en liberté accompagnant le peloton de course. Quelle ambiance !


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Cappadocia Ultra-Trail - Ruines

 

Au cours de la journée, pleinement ensoleillée, je traverse entre autres les villes d’Ürgüp et de Göreme, la vallée rose, la crête d’Akdağ, la vallée de Damsa, et des villages tels que Karlık, Taşkınpaşa et Taşocağı – dépaysement garanti.

Tout au long de l’épreuve, je ne cesse de me répéter : modération, concentration, contemplation.


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À mi-chemin, une inconvenante douleur au genou fait son apparition – un mal qui se soldera par une blessure aiguë – ce qui ne m’empêche pas de continuer sur ma lancée malgré un handicap persistant.

Cappadocia Ultra-Trail - La vallée Rose

 

Alors que les derniers rayons de soleil flirtent avec les décors lunaires de Cappadoce, je progresse en solitaire et croise quelques instants ma femme venue me soutenir lors d’un ravitaillement. Un vrai réconfort qui précède les prochains obstacles car les basses températures m’assiègent brutalement durant la nuit. Déjà affaibli par la distance parcourue, je dois faire face à un facteur de taille qui requiert une gestion optimale de l’effort et de l’alimentation. C’est donc avec détermination que je me dirige vers les prochains monts à gravir.

Cappadocia Ultra-Trail - Coucher de soleil

La douce folie de l’ultra-marathonien finisher

À vingt kilomètres de la ligne d’arrivée, je croise quelques coureurs abîmés, épuisés, éreintés. Manifestement, les étendues de sable ne semblent pas faciliter notre progression. Je refuse de m’éterniser sur les derniers ravitaillements, par peur d’être anéanti par d’hostiles vents froids.


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Sous un ciel étoilé, je perds mon chemin par inadvertance ; une faute de parcours qui ravive néanmoins mes énergies disparues. L’adrénaline, sans doute. À ma plus grande surprise, le corps et l’esprit interagissent à nouveau, me procurant ainsi motivation et vigueur. Je retrouve enfin ma route, et rejoins progressivement la ligne d’arrivée, ému et fasciné par le jeu de lumières de la voûte céleste. Accueilli par ma fidèle supportrice et de braves bénévoles autour du feu, je réalise soudain mon accomplissement.

Cappadocia Ultra-Trail - Tombée de la nuit

 

Relever le défi du Salomon Cappadocia Ultra-Trail fut à l’époque un réel apprentissage, tant sur le plan expérientiel que physiologique – une aventure intérieure en accéléré où chaque seconde eut un air d’éternité.

#LaCliniqueDuCoureur #UltraTrail #Turquie

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