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La force du mental qu’ils disent…

« Donne-moi la sérénité d’accepter toutes les choses que je ne peux changer et le courage de changer les choses que je peux. » 

Reinhold Niebuhr

On planifie, on calcul, on anticipe. On se fait un plan, sachant très bien que ce plan on va le jeter, le reconstruire, le peaufiner entre la ligne de départ et l’arrivée.

29 août 2019, Orsières, 8 h 00. Je me faufile, je me positionne. Mais déjà c’est dense, la foule refoule. Je change de plan, je ne peux partir dans le premier tiers. Je pars 900e sur 1600 coureurs.

8  h15. C’est parti! Aucun mot pour décrire l’émotion. Je me laisse enivrer.

Premier ravito. À peine quatre minutes de retard. Je respecte le plan. Je repars.

2e montée, 2200 m d’altitude, direction le Trient. Les jambes répondent bien, elles sont là pour avancer. Mais l’estomac ne répond plus. Déjà.

Déjà 10 jours que je suis sur les antibiotiques (badluck avant de quitter le Québec). Ma flore intestinale prend le champ.

Au 18e km, l’estomac quitte définitivement l’aventure. Déjà trois fois que je vomis, je perds la carte dans la brousse, je ferme les yeux.

De longues minutes s’écoulent. 250 personnes me dépassent. J’appelle Olivier. «  C’est terminé, j’abandonne, je ne peux plus… »

« Écoute-moi bien. Tu arrêtes de manger, tu vas te prendre un immodium, 3 gaviscons, tu te lèves pis tu cours!»

Quel médecin!!!

Je me lève et j’avance. Moins je mange, plus j’avance.

«C’est là que je réalise que, le vrai fun là dedans, c’est d’avoir mal à vouloir crever mais de se résoudre à continuer […] c’est un sentiment de puissance, de gloire, parce qu’on prend le contrôle de notre corps. On se sent en vie.»

-Mathieu Lavoie-Dion. Coach de boxe de l’EBORDL et ultra marathonien

Je laisse de côté la performance personnelle, ce sera l’expérience. Et elle sera oh combien gratifiante!

Il est 8 h 00 au Québec. Mon téléphone vibre sans cesse, je reçois des messages d’encouragement. Si vous saviez à quel point cela m’a porté jusqu’au bout. Merci! J’ai le cœur rempli, l’émotion me porte, je veux me rendre jusqu’au bout.

J’avance de plus en plus vite, je m’en mets plein les yeux.  Les km avancent, les gens ralentissent. J’accélère. Je gagne 400 positions. J’arrive à Chamonix.

Déjà ? Ça a passé vite! Ma tête et mon cœur m’auront porté jusqu’au bout. Quelle aventure!
« Champion are made from something they have deep inside them -a desire, a dream, a vision. They have to have the skill and the will. But the will must be stronger than the skill. »

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