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Terminer ma course en ayant courue tous les 100km!

Ouff, premier 100km!!! Mon objectif ? Terminer ma course en ayant courue tout les 100km. 

Mon gros défaut est toujours de partir trop vite, alors pour cette course je voulais courir dans mon « Happy Zone » c.-à-d. rester dans ma fréquence cardiaque confort d’autant plus que je savais que le soleil allait nous donner de la difficulté.

Mais quelques jours avant « Petit problème » sur l’objectif, on m’invite à prendre le départ avec les Élites; c’est très valorisant, sauf que je me retrouve à partir avec un peleton très rapide!!! Heureusement j’ai bien géré mon départ, j’ai gardé l’objectif dès les premiers pas. 

Alors, lampe frontale au frond, 4am c’est le départ. Une heure de course à la noirceur avec la magnifique ville de Cape Town en panorama, wow hallucinant- j’aurais bien pris une autre heure à la noirceur.  5am, petite pensée à ma femme qui prend sont départ sur le 65km. Après 2 hrs environ et 20km de course, j’arrive au premier ravitaillement, je me remplis la bedaine, je met de la crème solaire en quantité industrielle, petite halte WC et c’est reparti, pour la plus grosse grimpée de l’UTCT. Malade!!! – Y’a plein de monde sur le côté de la trail pour nous encourager- « Well Done Men » ils disent au passage . D’ailleurs depuis le début, même durant tout le parcours, on a vraiment beaucoup de personnes qui nous encouragent,  car on a beaucoup de passage à des endroits accessibles, alors je vis plusieurs moments d’émotion où je pleures à plus d’une reprise de joie. Ça cris de tous les cotés et plusieurs randonneurs sont aussi en train de grimper, on reçoit plein d’encouragements en plus d’un joueur de cornemuse en flanc de montée- c’est fou!!!

Arrivée au sommet de Table Mountain on se retrouve, par chance, dans les nuages, ce qui facilite la course, mais ça ne dure pas longtemps que le soleil apparaît et ça pour le reste de ma course. Sur le sommet, c’est plein de « up and down » pas super roulant, mais bien amusant.  On est en « happy zone » ! Ensuite, on arrive à un autre super ravitaillement, 32km de couru en 3h45, exactement dans mon temps souhaité à la minute près. Je me sens très bien, ma gestion est super.  

Maintenant une grosse descente nous attends, mais dans un « beau chemin » tout bétonné, de quoi se défaire les jambes pour le reste de ma course. Alors je me retiens et ne descends pas trop vite pour me diriger au prochain ravitaillement sur le bord de la mer au km 45 et 5 heures de course. Encore une fois ça déborde de monde et plein d’émotions! Je ne pensais pas pleurer aussi souvent de bonheur dans une course.  C’est probablement ce qui me fait tripper le plus dans une course outre-mer, car j’avais ressenti beaucoup la même chose lors de mon 85km du MUIT de Madère en avril dernier. J’ai probablement trouvé là une raison de toujours vouloir faire plus de kilomètres et de voyager…

Et c’est reparti pour un 14km de plus: plages, roches et grosses grimpes où on doit utiliser souvent nos mains car trop abrupte. En plus la trail est aussi beaucoup cachée par les plantes, alors on ne voit pas très bien nos pieds ou les rochers. Le soleil nous brûle pendant la grimpée, alors je consomme beaucoup d’eau. Mais heureusement entre chaque ravitaillement il y a des postes d’eau. J’ai probablement bu plus d’un litre au 7km facilement en moyenne et je me suis même privé. C’est chaud, vraiment chaud! 

Ensuite, grosse descente vers le ravitaillement HoutBay, km 59 et c’est le point pour le drop bag.  Je ne profite pas comme je le voudrais de ma descente, les jambes ne vont pas aussi vite que je le voudrais, tous ceux que j’ai dépassé dans la grimpée me redépassent . J’arrive à Hout Bay, encore une foule, on est sur le bord de la mer, beaucoup de touristes marchent et nous encouragent . Je fais le plein, mets de la crème solaire, prend un café rapidement, car je m’endors (et oui c’est possible même en courant), petits textos d’encouragement pour ma femme et je repars assez rapidement. On cour sur la plage, c’est magique, mais je n’irais pas courir une course dans un désert, ça court mal du sable! On enchaine avec un bon bout sur un accotement asphalté et je commence à trouver ça difficile…petit down – je trouve que l’effort que je mets me donne un mauvais pace, pas capable d’aller plus vite… puis après c’est une belle balade dans un vignoble et des parcs urbains, on est à l’opposée de Cape Town.  Il commence à y avoir beaucoup de coureurs dans le sentier, car on a rejoint ceux du 65km et 35km.  Ça donne un peu « gaz » pour avancer, car la plupart marchent , alors on est toujours en train de dépasser. La motivation revient et heureusement le sentier s’apprête bien, il est assez large, même en trottant on a l’impression qu’on va vite; mais il me faut pas regarder le pace sur notre montre cependant.

J’arrive ensuite au ravitaillement de Alphen, qui déborde de coureurs. Arrêt assez rapide et 3-4 textos pour me changer les idées et je repars pour l’avant dernière grimpées. Bonne nouvelle, on est plus caché du soleil dans cette partie et il ne reste que 24km et je suis toujours dans mon temps désiré pour me permettre d’arriver en moins 13hrs. Les jambes sont encore très bonnes dans les grimpées, probablement parce que je ne suis bien économisé , contrairement à Madère où j’ai courue plus de la moitié du 85km avec beaucoup de douleurs.  – on apprend beaucoup en trail!

Cette section se passe assez rapidement , quand même un 2h de course pour 12km, car ça monte et les descentes ne sont pas très roulantes, mais je ne vois pas le temps passer et l’ombre des arbres me fait du bien. 

On arrive au dernier ravitaillement à l’Université de Cape Town, ravito bien animé. Je refais le plein, relaxe un peu, reste que 11km. C’est encourageant, c’est l’équivalent de « la balade » que je fais les soirs de semaine, alors la motivation est là. Il est environ 15h30, 11:30 de course et 89km de fait.  

J’attaque la dernière montée, reçoit un petit texto de ma femme qui a terminée, ça me donne un petit boost de bonheur, lets go!!! 

Après la bonne montée on enchaîne une longue descente jusqu’à l’arrivée qu’on voit très bien. Ça l’air si proche! – sauf qu’on serpente dans la montagne. Je descends au petit trot, me fait dépasser par un coureur qui a une belle petite vitesse de course, je m’accroche derrière lui, j’ai encore la chance d’arriver en moins 13hrs, mais je suis très serré. Je ne le lâches pas, jusqu’à la fin sur les 6 derniers km, petit sprint final pour arriver en 12h59 et 56 sec. 

Yahoo, trop de joie, ma femme qui m’attend elle aussi débordante de joie. C’est magique!!! Moment d’émotions, ça vaut de l’or des moments comme ceux là. 

L’arrivée est superbe, car étant en ville, et ayant beaucoup d’étrangers, les coureurs restent sur place, c’est plein monde. Premier 100km accompli, je ne peux pas dire que j’ai trouvé cela facile, mais c’est certain que je veux recommander! Bravo à ceux qui font des distances encore plus élevées , je vous admires. 


J’enchaine avec une belle nuit blanche, les jambes qui ont gigotées toute la nuit… elles ne veulent pas finir de courir semble-t-il… 

Le lendemain de la course on est allé à la remise des prix, où il avait plusieurs Élites, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de les voir en « vrai ». Beaucoup de monde sur le site, mais on file plutôt lâche, alors on a fait une grosse journée tranquille avant notre vol qui partait à minuit.

Ce fut une extraordinaire expérience, c’est super bien organisé et cette partie d’Afrique du Sud est magnifique pour en avoir profité une dizaine de journées à faire des randonnées dans les montagnes qui sont facilement accessibles avec une voiture, tracés gps recommandés. La bouffe est super bonne, le café délicieux et le beau temps toujours de la partie en plus d’être très abordable comme pays. 


Francis

PS: j’ai pas écrit un texte aussi long depuis mes vœux de mariage 😉

Durée Distance Dénivelé
km m
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