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Le doute

Ça s’en vient beaucoup trop rapidement! Il ne reste que trois semaines avant mon premier 100 miles à vie et je n’ai pas trop l’impression d’être prêt! Mais peut-on l’être vraiment? J’ai beau avoir plusieurs 100K et un 125K derrière la cravate, on dirait que je vais me frotter à une distance monstrueusement plus imposante. Comme si je passais du demi au marathon, en fait.

Mentalement, ça ne m’inquiète pas trop. Ces derniers mois, j’ai travaillé mon esprit à ne pas lâcher, à coup de 22 montées d’affilée dans la côte de l’Acadie.


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Mais physiquement? C’est là que je doute. Beaucoup.

En ai-je assez fait? Mon corps est-il assez bien préparé à ce qui l’attend?

Le 160K du Gaspesia 100 a la réputation d’être extrêmement difficile. L’an dernier, sur une vingtaine de coureurs au départ, seulement cinq ont terminé à l’intérieur des 30 heures allouées. Cinq! Même pas besoin des deux mains pour les compter…


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Je connais le parcours pour avoir participé au 54K il y a deux ans. Cette fois, j’aurai à faire ce parcours pas une, pas deux, mais bien trois fois. Aller-retour-aller. De jour, puis de nuit, et un peu de jour pour finir. Le parcours est roulant, avec du dénivelé concentré… à un seul endroit. Juste 4000 mètres de D+ sur 160 km. Exactement le genre de parcours qui me donne du fil à retordre. Le dénivelé, c’est ma force: plus il y en a, plus j’aime ça! Mais donnez-moi d’interminables kilomètres sur le plat et je serai tenté de marcher à coup sûr.

Je tente de me rassurer en me disant que j’ai beaucoup couru sur l’asphalte en avril, en attendant que le dégel des trails soit terminé. C’était long, c’était plate (dans tous les sens du terme), mais j’en ai profité pour travailler mon mental à ne pas flancher. Ce sera payant à la mi-juin, c’est sûr. Et mon mental sera probablement mon plus grand atout pour relever l’imposant défi qui m’attend.

Mais je doute quand même. Parce qu’instinctivement, je regarde les semaines d’entraînement d’autres coureurs qui y seront aussi, et qui ont fait pas mal plus de millage que moi ces derniers mois.

Je me compare… Stop it!!! Faut pas. Faut vraiment pas.


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C’est là que je me force à me recentrer sur moi-même. Oublions les autres. Est-ce que, moi, dans ma situation, j’aurais pu en faire plus? La réponse est non. Clairement: non.

Voyez-vous, en plus de mon rôle de papa en garde partagée et de ma job de communicateur à temps plein pour la Ville de Sherbrooke, je mène énormément de projets de front ces temps-ci:

  • J’ai maintenant le plaisir de coacher deux fois par semaine au Club de trail Le Coureur (ma deuxième famille).
  • J’organise une très longue sortie de nuit dans deux semaines (un vrai beau plan de marde!) et plus de 25 amis coureurs devraient y être.
  • Je tente d’aider l’équipe de rédaction de Distances+ du mieux que je le peux (mais pas autant que je le voudrais).
  • Et j’essaie d’inspirer les jeunes à courir et à se dépasser, à coup de conférences et de courses en milieu scolaire (merci la vie!).

Tout ça en «m’entraînant» pour mon premier 100 miles. J’utilise ici les guillemets parce que je déteste ce mot. Je l’ai déjà dit: je n’ai pas l’impression de «m’entraîner». Je cours par pur plaisir et je ne veux jamais me sentir obligé de le faire.

Alors pour ce qui est de suivre un programme d’entraînement, on oublie ça! Ce n’est pas optimal comme préparation, je le sais.

Et mon horaire fait en sorte que mon volume est continuellement en dents de scie: une grosse semaine, une petite semaine, et ainsi de suite. Une semaine de dix heures de course, une autre de six, puis hop, une semaine de 13 ou 14 heures parce qu’on peut enfin recommencer à faire de longues sorties en trail la fin de semaine. Pas facile de se taper des week-ends chocs quand le 100 miles arrive aussi tôt en saison!

Je fais donc ce que je peux avec le temps que j’ai. Et je m’organise pour que ça demeure agréable. Toujours. Parce que c’est d’abord et avant tout pour avoir du plaisir que je cours.

Alors malgré le doute, c’est ce que je me répéterai dans trois semaines: j’ai fait ce que j’ai pu. Reste à souhaiter que ce soit suffisant…

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